Vive le spore ! | George Oxley | TEDxISTEC


Traducteur: Hélène Vernet
Relecteur: eric vautier Je vais vous parler de commensalité, c’est-à-dire le partage de la nourriture
et donc l’échange. En fait, je dis souvent : « Vive le spore ! »
ce qui n’a rien à voir avec moi. La spore, c’est le champignon. Parce qu’en fait, on est sur un sol, et dans ce sol, dans les 5 cm, 10 cm
qui sont en-dessous de nous, il y a 90 % des êtres
qui sont sur la Terre. Il se trouve que maintenant,
nous nous rendons compte que les êtres de ce sol sont aussi les êtres qui nous forment. Voilà, nous sommes des bouts de sol. En fait, en haut, vous avez
la partie qui vit avec l’air. En-dessous, vous avez
la partie qui vit sans air. Et au milieu, vous avez cette partie
qui vit avec l’air et sans air. Ce sont des êtres qui vivent
très bien avec l’air mais qui peuvent tout à fait s’en passer. Le problème, c’est que ces êtres-là,
la plupart du temps, sont des êtres qui sont
assez pathogènes. Je vais essayer
de ne pas vous déprimer, mais c’est juste pour alerter, car souvent, on pense
que tout ce qu’il y a de mauvais, ce sont les herbicides,
la chimie, etc. dans notre nourriture, et on oublie bien souvent
que la bonne nourriture commence par les bonnes pratiques agricoles
et les bonnes pratiques de transformation. Donc là, ce sont tous ces êtres
qui sont dans le sol. C’est ceux qu’on connaît généralement. En fait, le ver de terre,
c’est le grand prédateur. En réalité, la grande majorité
de ces êtres-là sont ceux-là. Et ces êtres-là sont aussi
dans notre tube digestif, parce qu’en fait le sol, c’est exactement
la même chose qu’un tube digestif. Tout ce qui vit sur la planète et tombe
dessus est destiné à être digéré. Quant à nous, de la bouche à l’estomac, nous avons des bactéries
qui vivent avec l’air. Après, nous avons les bactéries
intermédiaires, et en-dessous, nous avons les bactéries
qui sont vraiment les archaea ou les bactéries qui vivent sans air. Il ne vous viendrait pas à l’esprit
d’inverser les choses comme on fait avec la terre,
de la labourer, car en fait, quand on retourne la terre, ce qui est au-dessus va en-dessous, et tout d’un coup vit sans air,
et sans air, meurt ; et ce qui est en-dessous vit au soleil
et donc tout crève. C’est exactement la même chose,
ici, dans notre tube digestif, et chaque chose a sa place. Alors, ici commence le problème, c’est-à-dire, exactement comme
dans un champ labouré, tout d’un coup, les plantes
du champ labouré, remplies de ces êtres, ces bactéries intermédiaires
qui sont celles des sols qui restent, rentrent dans la personne
qui se nourrit et créent des déséquilibres
de flore intestinale et de vie. Ces bactéries prennent le dessus. Il manque pour digérer, ces bactéries
aérobies qui vivent avec l’air, et donc, comme c’est mal digéré, celles qui suivent et font leur boulot
après les premières se retrouvent avec des gros morceaux qu’elles font passer tant qu’elles peuvent
à travers les parois intestinales. Chez l’homme, chez nous,
chez l’adulte, ça va encore, on aura un petit stress,
une petite fatigue. On va avoir une petite sieste
après le déjeuner. Mais chez l’enfant,
ce n’est pas du tout ça. L’enfant va réagir par de la violence. C’est la première alerte, la chose
qu’on oublie de dire. En violentant le sol, en le labourant, en empêchant son cycle
naturel de digestion, si ces bactéries aérobies,
celles qui vivaient avec l’air en surface, ne sont plus là, alors la nourriture
qui sera produite sur ce sol provoque la violence chez nos enfants. Un professeur, le professeur Berthet,
a fait de grandes recherches là-dessus et a fait, donc, le profil
bactérien d’un sol qui s’est avéré être exactement la même
chose que le profil bactérien de la vache et qui devient exactement la même chose que le profil bactérien
de l’homme qui boit le lait de la vache. Deuxième chose : on pense
toujours que le sol, c’est une chose inerte, mais en réalité, tout est géré
par les bactéries. Si l’eau rentre dans le sol, ce n’est pas
du tout d’une manière mécanique ; c’est parce qu’il y a
des échanges entre bactéries. Dans un mètre cube de sol, il y a environ 70 kg –
en Europe en tous cas – de fer et d’aluminium. Ces bactéries gèrent l’état ionique, c’est-à-dire la stabilité
ionique de ces métaux. Si ces bactéries n’existent plus
et si l’air n’existe plus, il y a une équation très simple,
en physique, qui fait que ces métaux se transforment :
l’aluminium en aluminique, le fer en ion ferrique,
le nitrate en ion nitrite, et là commencent les problèmes, parce que ce sont des ions qui ont une capacité de détourner
les électrons beaucoup plus forte, et le résultat, ce sont les maladies
de dégénérescence nerveuse. Là, j’ai commencé à sérieusement vous
déprimer, mais ce n’est pas l’objectif, parce qu’en fait, si nous arrivons
à manger plein de choses, et si nous sommes encore ici, c’est qu’il y a beaucoup
de solutions sur cette planète : un, les fleurs sauvages, deux, les champignons,
et c’est ce que je vais vous montrer. Ça, ce sont des champignons
qui sont aussi médicinaux. En fait, ce sont des plantes. La plante a fait une invention, il y a 220 millions d’années. Elle a inventé la graine,
une invention extraordinaire, parce que celle-ci choisit le moment
et le lieu où elle va éclore. Elle choisit le bon moment ;
elle attend ; elle entre en dormance. Et quand les conditions
répondent à son ADN, quand les conditions climatiques
et du sol répondent à son ADN, elle décide de germer. Alors, vous prenez ce principe
et vous le retournez. Cela veut dire que si vous rencontrez
une plante – sauvage, pas plantée – eh bien, cela vous indique les conditions de l’endroit
où elle est née. Donc la plante devient indicatrice ;
ce qui est fantastique, parce que si la plante vous indique
les conditions du sol, elle vous indique aussi les pollutions. Donc, à partir de ce moment-là,
on sait où cueillir et prendre ces nourritures d’une manière
totalement sauve, sans problèmes. Donc, toutes ces graines,
c’est très beau. Avec les plantes bio-indicatrices,
il y a une deuxième chose : les champignons. Les champignons peuvent
être assez spectaculaires. En 1998, un parc national
s’est monté en Oregon. Pour attirer les touristes,
ils ont un peu aménagé, nettoyé les arbres,
et construit des routes. À l’inauguration,
un mois ou deux mois après, ils reviennent, font le tour du parc –
pas vraiment, c’est tellement grand – et sur les plaines, il se rendent
compte que la route a été digérée. Ils se sont rendu compte qu’en fait,
dans la plaine qu’ils traversaient, cette plaine-là de 5 km de long,
2 km de large, sur 4 m d’épaisseur,
trente-deux mille tonnes, se trouvait un être
le plus gros être du monde, un champignon, une armillaire,
qui a environ 8 000 ans. Ça, c’est le spectaculaire. C’est le champignon qui digère,
qui est en train de gérer la clairière, qui est en train de gérer
la vie de la forêt, en fait. Mais, à côté de ça, le rôle
fondamental du champignon – voici l’armillaire
qui est lumineuse la nuit, ce n’est pas un trucage – donc le rôle fondamental du champignon,
c’est de se lier avec la plante. Depuis l’année dernière,
exactement depuis le 4 août 2015, à peu près quinze universités et 27 chercheurs de sept pays différents, se sont alliés pour faire une publication et ont démontré que la première algue, le premier végétal qui soit sorti de l’eau
pour créer une plante, s’est allié avec un champignon. Donc depuis un peu moins d’un an,
la définition d’une plante, c’est un végétal qui s’est allié
à un champignon ; les autres plantes sont des plantes
créées par l’homme, de laboratoire, qui n’existent pas sur Terre. Alors, le champignon,
que fait-il avec la plante ? Eh bien, c’est le cuisinier de la plante. Il va chercher sa nourriture,
son eau et tout ça. Pourquoi ? Parce qu’une plante, une racine,
une radicelle, pousse de 2 mm par jour, mais le corps d’un champignon,
c’est-à-dire son mycélium, pousse de 2 cm par jour et de manière
complètement exponentielle, repartant avec les embranchements, etc. Cela va tellement vite qu’on peut le voir. Là, c’est une expérience
faite en 1987, par un Japonais – ils ont des idées très intéressantes – qui avait mis d’un côté,
une spore de champignon, et de l’autre, un grain d’orge malté
qui sent bien le sucre, et le champignon était placé
au centre d’un labyrinthe. Le champignon est allé
directement chercher le sucre. Donc, super efficace ! La différence du champignon avec nous – car, en fait, le champignon
a commencé exactement sur la même branche,
dans l’évolution, que l’homme – cette différence, c’est comme quelqu’un
qui a retourné ses tripes. C’est-à-dire que nous avons
toutes nos parties de sol, nos éléments, à l’intérieur,
dans notre système digestif, tandis que lui digère à l’extérieur,
projette ses enzymes et s’aide des autres
bactéries pour digérer. Il va tellement vite que là, vous voyez un champignon
qui s’est développé pour attraper un ver. Ce petit filament,
c’est le filament du champignon qui va attraper un nématode qui est
en train d’attaquer un plant de tomate. Ensuite, le champignon véhicule
dans son filament, les nourritures qu’il a transformées
en nanoparticules, à la vitesse de l’électricité dans l’eau,
c’est-à-dire 226 000 km/h, et faire, comme cela, des kilomètres ; à tel point que, l’année dernière,
des étudiants chiliens ont inventé un chargeur
pour charger leur portable qu’ils plantent directement dans le sol
au niveau des racines et qui charge un portable en six heures.
Ce n’est pas un gadget ! Ça, c’est le Big Bang permanent. Car, en 1953, Stanley Miller,
un chercheur physicien extraordinaire, a fabriqué une bulle où il a recréé l’atmosphère
de la Terre avant la vie, avec une atmosphère ultra pauvre,
et il y a mis des éléments inertes. Puis, il a fait passer dedans
un arc électrique. Voilà, ça, c’est lui en 1987,
et vous voyez l’arc électrique. Alors, il n’a pas créé Frankenstein,
il a créé des acides aminés. Les acides aminés,
ce sont les briques fondamentales avec lesquelles on forme d’abord,
notre ADN, puis toutes les protéines, tous les enzymes
qu’on utilise dans la vie. Donc, ça ne vous dit rien,
cette expérience ? Une atmosphère pauvre avec des nanoparticules qui passent
et des courants électriques ? Eh bien, c’est un champignon. Il est maintenant prouvé
que dans un champ labouré, dans un champ
où il n’y a plus de mycorhizes, où tout a été anéanti
par le Roundup et tout ça, les plantes sont en carence
des acides aminés. Pour nous, c’est très important, parce que nous avons vingt-deux
acides aminés qui nous constituent, et sur ces vingt-deux,
neuf sont essentiels. La troisième alerte
pour les bonnes pratiques, c’est qu’un champ labouré
qui n’a plus de mycorhizes, est en carence d’acides aminés essentiels. Comme on ne produit pas
ces acides aminés essentiels, on doit aller les chercher ailleurs. Les végétariens qui se nourrissent
uniquement de plantes qu’ils vont acheter au supermarché,
sont en carence. Moi qui ne suis pas végétarien, je vais compenser cette carence
en mangeant une vache ou un poisson qui aura mangé des plantes sauvages,
de l’herbe, des algues. C’est hyper important et une des raisons
qu’aucun nutritionniste ne vous dira, mais en biologie… voilà ! Alors, vive la spore ! Parce que
c’est le sauvage dont nous avons besoin. Il existe un autre « tabou » – je ne sais pas comment on dit ça – mais on dit toujours :
« Oui, avec la montée de la mer, on n’aura plus rien
pour sauver la planète. Neuf milliards de personnes,
c’est impossible à nourrir. » Eh bien non ! Dans les bords de mer – désolé pour la pub mais je n’avais
que cette photo – ça, ce sont les marais salants
et tout ça, c’est à manger. Non seulement c’est à manger,
mais c’est un triplex. Ce sont des Amaranthaceae pour la plupart. L’OMS a dit que
l’Amaranthaceae est la plante qui a autant de protéines
que la viande de bœuf, et possède deux fois plus de calcium que le meilleur des laits –
qui n’existe plus d’ailleurs – assimilable immédiatement. De plus, il y a deux ans, au mois d’août, il y a eu un colloque
à la Cambridge University, avec tous les chercheurs sur le cerveau
et quelques nutritionnistes, et surtout des paléontologues, où on a monté l’hypothèse selon laquelle, parmi Homo Erectus, il y a trois, quatre,
cinq tribus connues – ce qui se passe en dehors
de nos connaissances, on ne sait pas – qui ont évolué sur les bords de mer
dans des endroits protégés, et ont mangé, pendant un million d’années, des plantes et des choses de la mer ;
et qu’est-ce qu’il y a dedans ? Il y a de l’iode, des antioxydants
spécifiques au cerveau, donc, ils ont doublé leurs capacités
cérébrales, et Homo Sapiens est né. Voilà l’hypothèse émise.
Donc, hyper important ! La commensalité,
c’est vraiment la base de la vie, parce que cette liaison
avec les champignons et les plantes, c’est ce qui a fait toute l’évolution. Aujourd’hui, le top
de l’évolution de la plante, c’est une orchidée
qui vit en haut de l’arbre. En fait, elle n’est pas en haut de
l’arbre, elle est en liaison avec le sol, à travers des champignons
et des bactéries qui font le lien. J’ai fait des cosmétiques
à base d’orchidées pour des grands groupes,
et en réalité, j’ai été très peiné, parce que l’orchidée que je voulais
était classée interdite. C’était impossible de l’avoir. Et je me suis dit : « Mais non ! Allons
étudier le champignon qui vit avec elle », et je me suis rendu compte
que le principe actif qui était demandé – moi, je suis contre le principe actif
parce que cela réduit vraiment la pensée : tout est bon dans la plante –
mais on me demandait le principe actif, j’ai donc été le chercher
dans le champignon. Un champignon pousse en cinq jours ;
donc en cinq jours, j’ai mon mycélium. Et je n’ai pas besoin de faire partir
cette magnifique orchidée. Là, je vous ai montré les tomates,
c’est exactement la même chose. La tomate est une Solanacée, et toutes,
comme la pomme de terre, etc. ont décidé de sortir de la terre. Les tomates de pleine terre,
ça n’a aucun intérêt. La tomate de pleine terre poussera
et aura 2,50 m à la fin de la saison. Elle aura produit peut-être
100 kg de tomates. Une tomate hors sol, c’est 30 m de long
à la fin de la saison ; et elle aura produit
plusieurs tonnes de tomates. Le problème, c’est que ces gens
qui font de la tomate hors sol dans des serres de béton,
le font sur de la laine de roche. Ils ne disent pas que la laine de roche,
c’est du silicate d’aluminium qui fond dans la tomate et donc,
produit des aluminites. Donc, si vous mangez cette tomate – j’ai conseillé les gens de l’AOP tomate – il faut surtout enlever toutes les
graines, sinon c’est Alzheimer direct. C’est la quatrième alerte,
et ça, personne ne le dit. Mais, s’ils mettaient des champignons hors sol et créaient un lien avec le sol, leur problème serait résolu, les tomates
auraient du goût et des nutriments. Il faut faire de la biologie ! Il y a une chose absolument folle : vous savez, depuis 1992, il y a une station orbitale
qui tourne autour de nous. Quatre-vingts astronautes
y sont allés depuis 1990. L’année dernière, ils se sont rendu
compte qu’il y avait un tas de bactéries. Et tout d’un coup,
les gérants se sont dit : « Attention, c’est horrible.
On va tuer tous nos astronautes ! » Donc, ils ont voulu tout passer au kärcher
et mettre des antibiotiques à fond. Tout d’un coup, il y a un biologiste
qui s’est dit, à la NASA : « Et s’il y en a une qui résiste ? Le petit étudiant qui devient astronaute et n’a jamais touché la terre de sa vie, eh bien, il va crever,
si vous mettez là-dedans. » Pour la première fois,
ils n’ont pas eu de réflexe hygiéniste, et ils ont laissé faire. C’est incroyable ! Tout d’un coup,
on a remis Pasteur en cause. Donc, toute cette atmosphère
qui s’est créée, toute cette vie, cette commensalité
qui s’est créée là, dans l’espace, c’était des petits bouts de Terre
qui ont été apportés par les astronautes. Je vous remercie. (Applaudissements)

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